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Linus Torvalds et Alan Cox font appel aux Membres du Parlement Européen (MPE) pour une Europe libre de brevets logiciels
2003/09/22
Pour publication immédiate

Les deux grands architectes du noyau du système d'exploitation de Linux, Linus Torvalds de Finlande et Alan Cox du Royaume-Uni, demandent des limitations efficaces à la brevetabilité dans leur lettre aux membres du Parlement Européen. Ils recommandent en particulier aux MPE de suivre les consignes de vote de la FFII. Le vote sur la directive est prévue mercredi et l'on s'attend à un résultat très serré.
Linus Torvalds, créateur initial et mainteneur actuel du noyau du système opératoire Linux, remarque que :
L'expérience des États-Unis montre que les brevets logiciels ne profitent à personne, sauf peut-être aux conseillers juridiques en matière de brevets. Ils ne peuvent qu'affaiblir le marché et accroître les coûts liés aux brevets et les frais de justice, aux dépens de l'innovation technologique et de la recherche.
Et ajoute :
Nous espérons que les Membres du Parlement Européen mesureront ces effets négatifs et n'imposeront pas le même chaos sur le vieux continent.

Alan Cox, créateur et mainteneur d'une grande partie du noyau Linux et qui travaille au Royaume-Uni pour Redhat, note que :

Actuellement, les sociétés délocalisent la programmation. Cet immense mouvement d'émigration à partir des États-Unis n'est pas seulement commandé par des considérations de prix de revient, mais aussi par les risques et litiges liés aux brevets. Les sociétés créent une une holding américaine pour les droits de propriété intellectuelle. Cette holding accorde, à son tour, à une personne morale non américaine le droit d'écrire le programme à l'étranger et de l'importer, ce qui permet de réduire les risques.
Il souligne que :
Adopter le même type de brevets au sein de l'Union Européenne chasserait, de la même façon, des milliers de travaux de programmations hors d'Europe.

La Lettre Ouverte milite aussi fortement en faveur des standards ouverts. Linus Torvalds explique que :

Sans standards ouverts, il n'est pas vraiment possible de développer des systèmes ouverts. Et au final, sans systèmes ouverts, les citoyens ne seront plus libres dans la société.

Dans leur lettre, Torvalds et Cox formulent trois requêtes au sujet de la Directive. Premièrement, elle doit clarifier les limites de la brevetabilité, de telle sorte que les programmes informatiques et les méthodes commerciales ne puissent véritablement pas être brevetés en tant que tels. Deuxièmement, elle doit veiller à ce que l'on ne puisse utiliser les brevets de façon abusive, en faisant obstacle à l'interopérabilité de produits concurrents pour échapper à la concurrence technique. Enfin, elle doit garantir que les brevets ne pourront être utilisés pour empêcher la publication d'informations.

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[ European Parliament Rejects Attempt to Rush Vote on Software Patent Directive | Divided European Parliament rushed to vote on software patent directive | Linus Torvalds et Alan Cox font appel aux Membres du Parlement Européen (MPE) pour une Europe libre de brevets logiciels | EU Parliament Votes for Real Limits on Patentability ]
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© 2003/12/10 (2003/09/22) Groupe de travail
version française 2003/12/10 par Michèle Garoche