| UK Gov 03-09-01 | US Gov 03-09-16 |
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La page de garde, signée par Hylko Oosterloo, est écrite "par les États-Unis" et le "responsable des droits de propriété intellectuelle" y répond dans la "Section économique" de la "Mission des États-Unis auprès de l'Union Européenne", 27 Bd du Régent, B-1000 Bruxelles, joignable par téléphone au 0032-2-580-2788 et par fax au 0032-2-502-8117. Il dit:
M. Oosterloo téléphone: +32-2-508-2788, fax: +32-2-502-8117, e-mail: OosterlooHJ at state gov
Il nous apparaît clair que MM. Oosterloo et Gagne ont transmis des documents qui ne sont pas de leur composition mais écrits par de hauts fonctionnaires de l'Office américain des marques et des brevets (USPTO). L'Office américain des marques et des brevets a un plan d'action officiel pour promouvoir une brevetabilité illimitée universelle "dans l'intérêt des détenteurs de propriété intellectuelle américains". Les détails de ce plan d'action "restent confidentiels", mais sont devenus bien connus grâce à beaucoup d'affaires au fil des années, dont celle-ci. En tant qu'agence du Département du commerce, l'USPTO est habilité à utiliser le dispositif du gouvernement américain, y compris le Département d'État et les représentants commerciaux, pour promouvoir son programme.
Le premier document plante le décor en définissant deux documents
... et alors commence l'histoire :
Les "obligations internationales" ne sont en fait qu'au mieux "apparentes", non réelles, comme il est montré ci-dessous.
Ceci est correct. Cela a aussi été souligné dans nos analyses. Malheureusement, le brouillage du sujet brevetable avec la condition de non-évidence ne se trouve pas seulement dans l'article 4 mais dans tout le projet de directive.
"Les États-Unis" procèdent alors à la citation d'une décision d'un tribunal américain et expliquent que la condition de technicité, si elle est appliquée à l'invention elle-même et non à l'étendue des objets interdits en tant que tout, conduirait, comme ultime conséquence, à l'abolition du système des brevets. En conséquence, pour des raisons logiques, tout ce qui est exécuté sur un ordinateur doit être considéré comme une invention brevetable et seuls les critères américains actuels (nouveauté, non évidence) doivent être appliqués. C'est en effet aussi ce que dit la directive CCE/JURI, mais son engagement pour une brevetabilité illimitée n'est, du point de vue du gouvernement américain, pas assez clair et cohérent.
"Les États-Unis" font circuler un aphorisme tel que "plus il y a de brevets, plus il y a de propriété, plus il y a de propriété, plus il y a d'innovation", ce qui est en opposition totale avec le consensus de tous les universitaires sérieux de l'économie du logiciel, comme cela est montré dans de nombreuses études conduites aux États-Unis et dans les rapports de l'Académie des sciences américaine. De plus, "les États-Unis" ont ignoré la voix de leur propre industrie du logiciel, qui est, comme l'a montré l'audition de la FTC l'an dernier, caractérisée par "une animosité continue contre les brevets logiciels" et dont les acteurs majeurs, y compris des sociétés telles que Adobe, Oracle et Autodesk, se sont tous opposés à la brevetabilité logicielle aux auditions de l'USPTO en 1994. Le même USPTO qui écrit ce papier pour le compte des "États-Unis" aujourd'hui, a procédé à la légalisation des revendications de programme peu de temps après l'audition de 1994, en ignorant complètement la voix de l'industrie américaine du logiciel.
En d'autres termes: "les États-Unis" comprennent que l'article 4 codifie seulement la pratique de l'OEB, qui est équivalent à la pratique des Offices de brevets trilatéraux (États-Unis, Union Européenne, Japon), et la pseudo-restriction rhétorique sur la "contribution technique" a été insérée par la JURI seulement pour tenter de faire retomber la pression politique. Cependant, afin de s'assurer que ces formulations dérangeantes restent vraiment sans effet, il serait souhaitable d'ajouter une clause de suivi qui jette le doute sur leur interprétation et de nommer responsables des collègues de confiance des offices de brevets, du Groupe de travail sur les brevets du Conseil européen, de l'OMPI et d'autres bastions du lobby des brevets, de sorte qu'ils puissent prendre des décisions législatives dans des endroits plus calmes, très loin des pressions de l'opinion publique, auxquelles un parlement est exposé.
"Les États-Unis" affirme que le privilège de rétro-ingénierie, bien que non dommageable, est une limitation des droits du propriétaire de brevet, et que l'analogie au droit d'auteur n'est pas une raison valable pour de telles limitations, car la situation dans le contexte du droit d'auteur est entièrement différente. Nous ignorons cette discussion, car l'article 6 est, comme "les États-Unis" l'ont justement souligné, sans réel impact, et parce que l'argumentation "des États-Unis" est la même que pour l'article 6a.
"Les États-Unis" jouent sur le double sens du mot "anticoncurrentiel" : les effets anticoncurrentiels comme réalité quotidienne, tels qu'observés par les économistes, et le comportement anticoncurrentiel comme infraction aux règles de la concurrence qui existent déjà et sont définies par un système juridique particulier. Comme d'autres experts en brevets, "les États-Unis" croit fermement que les droits d'un détenteur de brevet ne devraient pas être limités par des considérations de concurrence de façon systématique, et surtout pas par de nouvelles règles de concurrence. Seulement des limitations au cas par cas fondées sur des procédures anti-cartel fastidieuses, utilisant des règles de concurrence vieilles et inopérantes, devrait être autorisées comme une possibilité théorique lointaine, qui peut conduire à une licence obligatoire une fois toutes les morts d'évêques.
Les sociétés de logiciels de toutes tailles essaient régulièrement d'obtenir le contrôle des standards d'échange de données afin d'empêcher les concurrents d'accéder au marché. Un tel comportement est toujours anticoncurrentiel. Il est cependant difficile, si ce n'est totalement vain, de "déterminer" cela au moyen d'une procédure du droit de la concurrence (la loi anti-cartel) sur la base d'un cas par cas. L'affaire Département de la justice américain contre Microsoft montre combien le droit de la concurrence est peu sûr et inefficace dans ce domaine.
Par conséquent, les considérations concurrentielles ont besoin d'être inscrites dans une directive sur le brevet qui traite des problèmes relatifs au logiciel.
l'article 6(a) ne peut jamais avoir pour conséquence la délivrance de licences obligatoires. Il dit seulement que la conversion entre formats de données n'est pas une contrefaçon. Aucune procédure spéciale n'est requise pour obtenir une licence. Par conséquent, l'article ADPIC 31 ne s'applique même pas.
Comme nous l'avons dit, l'ADPIC 31 ne s'applique pas ici. Et, puisque la conversion de données n'est pas une contrefaçon, il n'y a pas "d'entité non autorisée". De plus, la liberté de conversion de données ne s'applique pas seulement quand quelque "entité" "ressent un besoin" mais pour toute conversion de données, qu'elle soit nécessaire ou non. "Les États-Unis" ont mal lu l'article. Il ne parle pas de "besoin" perçu "pour une conversion de données" mais d'un "besoin (objectivement existant" d'utiliser une technique brevetée). "Les États-Unis" s'engagent dans une rhétorique vide.
Les lois anti-cartel aux États-Unis, n'ont pas empêché l'abus de position dominante fondée sur les brevets jusqu'à présent. Comme cela a été montré lors des auditions de la FTC, il y a un motif régulier dans la pratique de brevet anticoncurrentiel spécialement dans le domaine du logiciel. Beaucoup de standards sont morts ou sont devenus off-limits pour le logiciel libre à cause des brevets, et les lois anti-cartel n'ont été d'aucun secours.
Une des motivations principales de l'exercice de la FTC et la DOJ était que la loi anti-cartel est un outil trop émoussé et trop lourd -- c'est pourquoi les auditions concernaient plus largement le système de brevets.
Actuellement aux États-Unis, en l'absence de règle claire, telle que celle que fournirait l'article 6a, il semblerait très difficile pour tout détenteur de brevet de devenir responsable de pratiques anticoncurrentielles. Aucune affaire de ce type n'est connue à ce jour.
Qu'est-ce qui fournit une meilleure sécurité juridique, l'article 6a ou un mot comme "incorrectement"?
Ainsi s'achève la déclaration de position "des États-Unis".
La ferme conviction "des États-Unis" que le renforcement du brevet ne devrait jamais être limité par des considérations anticoncurrentielles de façon systématique est partagée par les avocats en brevet de la Commission Européenne. Le considérant 8 de la proposition de directive de la CCE et de la BSA dit :
Ici aussi "les droits de brevet" sont a priori bénéfiques, et toute preuve du contraire est limitée à "une utilisation incorrecte", qui doit être abordée soit pas des exhortations morales ("ne devrait pas être utilisé ...") soit par la loi sur la concurrence -- certainement pas par de nouvelles règles à créer dans cette directive.
Ce n'est pas la seule partie de la directive et de sa note explicative où il devient apparent que la section Propriété industrielle de la Commission Européenne, la BSA et les établissements de brevets du Royaume-Uni et des États-Unis appartiennent à un réseau transatlantique commun de législateurs en brevets.
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